| Poisson sauvage ou
poisson d'aquaculture ? |
Alors qu'en cette fin de
siècle des scandales à répétition secouent l'élevage
intensif, nous sommes en droit de nous interroger sur Ia
qualité des poissons épargnés jusqu'à maintenant par
la tourmente. Le poisson a l'image d'un aliment jugé
"naturel". Si ce qualificatif s'applique bien
au poisson capturé en mer, Ia dernière denrée sauvage
de notre alimentation, pouvons-nous l'étendre au poisson
d'élevage ? Une étude réalisée en 1998 dans l'Est de
la France par le ministère de l'agriculture et de la
pêche (pas encore publiée) révèle que les truites
d'élevage affichent des concentrations de dioxine
anormalement élevées. Elles proviendraient de
piscicultures situées à proximité de centres
d'incinération.
La part du poisson d'élevage dans la consommation des
produits halieutiques augmente d'année en année.
Saumon, truite, bar, daurade et turbot élevés dans des
bassins ou des cages représentent dorénavant plus de 20
pour cent des ventes de poisson en France. Les images
suggestives associées a ces produits ont des apparences
trompeuses. Tout le monde a en mémoire cette publicité
où un saumon prend son envol au-dessus d'un magnifique
fjord norvégien. En réalité ces poissons sortent tout
droit des piscicultures dont la logique de production
repose sur des modèles productivistes. La recherche de
rentabilité favorise le développement d'élevages à
très forte densité, l'utilisation d'aliments
médicamenteux et la sélection d'animaux hautement
performants (notamment de poissons triploïdes asexués).
Que mangent donc les poissons d'élevages ? Leur régime
alimentaire se résume ni plus ni moins à des granulés.
La formulation est un savant dosage entre différents
composants en fonction de leur valeur nutritive et de
leur prix comparatif. Les granulés distribués à un
saumon adulte sont habituellement composés de 50 pour
cent de farine de poisson et de 10 pour cent d'huile de
poisson, mélangées à des farines de différentes
origines (céréales, sang... ) et enrichies de vitamines
et de sels minéraux. La couleur de la chair, qui
provient des crustacés, est issue de pigments
incorporés à l'alimentation en fin d'élevage.
L'alimentation entre pour un tiers dans le coût de
production de ces élevages et représente un marché
très important. L'approvisionnement des piscicultures a
ainsi favorisé l'émergence d'une industrie
agro-alimentaire très puissante qui pèse maintenant de
tout son poids dans le choix des politiques de
développement halieutique. L'objectif des fabricants
d'aliments est de trouver Ia meilleure recette au
meilleur prix afin que le poisson d'élevage gagne
toujours plus de parts de marché. Et nous ne serons pas
surpris quand Tyson Foods, le géant américain de
l'alimentation avicole, propose à ses collègues de
l'alimentation aquacole d'incorporer dans leur ration de
Ia farine de volaille meilleur marché que la farine de
poisson. Décidément, il y a urgence a bien distinguer
à l'étal le poisson sauvage du poisson d'élevage !
Philippe FAVRELIERE
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Sommaire
Les pêcheurs
portuguais et la PCP
page 2
Philippines :
contre les importations
de poisson
page 3
France: cap
au
Nord-Ouest
pages 4 et 5
Inde : grève
nationale
des pêcheurs,
Tom Kocherry
reçoit un prix
page 6
Mexique : les
coopératives de
pêcheurs faceà
l'ALENA
Argentine-UE
:
le Pavillon brûle
page 7
Carnet de
bord,
Forum mondial des pêcheurs artisans
page 8
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